30 avril 2007
Non mais c'est vrai
Me semble que le monde se porterait beaucoup mieux si, au lieu du service militaire obligatoire, ce serait le service à la clientèle. Derrière un comptoir, tu apprends la patience, la politesse, le savoir-vivre, le dévouement, tu cherches à satisfaire l'autre, donc à le rendre heureux.
Tous ceux qui ont travaillé dans un Mcdo (i.e. 47 % d'entre vous) seront d'accord: quand on apprend à bien servir le client, on devient un meilleur client nous-même. On le sait à quel point ce n'est pas facile.
Le cave qui passe sa commande comme un enculé de première, avec la condescendance et le mépris qui vont avec, je parie un gros vingt qu'il n'a jamais travaillé avec le public.
Travailler avec le public: il n'y a que ça de vrai. Vraiment, si le service à la clientèle obligatoire existait, notre civilisation serait digne de ce nom.
29 janvier 2007
"Sprectrum"
À l'invitation d'une amie, je suis allée signer la pétition contre la démolition du Spectrum (ici).
J'aime bien lire ce que les gens ont à dire, j'aime quand des pétitionnaires se donnent la peine d'écrire un commentaire pour appuyer leurs idées et préciser ce qui les révolte dans ce genre de projet.
Mais... j'sais pas.
Je lisais le tout en me donnant comme mandat tout bête de passer au commentaire suivant lorsque je butais sur une faute d'orthographe (ça va plus vite!): dans la première page, je pense que je n'ai lu qu'un seul commentaire au complet.
"ne détruisé pas la culture", hein?...
27 septembre 2006
La folie d'Urbania
Il est minuit passé et je viens à peine d'arriver. J'ai passé la soirée dans le studio de Toxa pour corriger les épreuves du prochain numéro d'Urbania sur la folie.
Tu penses qu'un tel numéro parlerait de François Gourd, du Symfolium, d'artistes complètement pétés ou de sympathiques originaux pas trop dangereux?
Wôô, 'ttends menute.
La folie est capable d'être bien plus dark qu'on pense. J'ai lu des trucs qui rentrent dedans, j'ai lu un texte plein de sens de Pascal Henrard, j'ai appris des techniques de contention à faire dresser le poil des genoux, j'ai vu d'autres visages de la schizophrénie, j'ai su une fois pour toutes qu'Alys Robi est ben ben spéciale et que la folie pouvait te tomber dessus comme un drap qui pèse douze tonnes, sans avertir. Même Philippe et Vianney, les deux fondateurs du magazine, ont été surpris de cette tournure particulière, eux pourtant habitués à traiter tous les sujets possibles sous l'angle de la légèreté.
Enfin bref. Un numéro au diapason de l'actualité, mettons.
Mais pas de panique! Rions un peu: Urbania a aussi rencontré Normand L'Amour et les Denis Drolet...
19 septembre 2006
Les belles idées de Sylvain
Le Gros Bon Sens est un site que je lis régulièrement et auquel je réagis parfois, lorsque j'ai quelque chose à dire. L'auteur, Sylvain Martel, dénonce, lance des débats, prend position sur tous les sujets de l'actualité qui manquent, justement, de ce "gros bon sens" pourtant si important.
Depuis peu, il propose de mettre la switch chialage à off et de solliciter, le temps d'une Belle Idée, nos propositions de solutions à certains problèmes.
Aujourd'hui, les médias. Comme président d'un empire médiatique ou d'un média particulier, que réformerions-nous, et comment? Ça tombe dans mes cordes, ça m'intéresse, j'ai des idées: voici donc ma réponse, que je désirais partager avec vous.
Premièrement, les ressources humaines.
Si je peux, j’embauche des idéalistes; à la gang, on devrait être capables de faire de quoi qui a de l’allure. Des gens qui ont une culture générale supérieure à la moyenne, qui ont un réseau aussi vaste que diversifié (scuzez le cliché). Donc essentiellement, des gens qui savent de quoi ils parlent et qui savent qui contacter s’ils l’ignorent. Et pas de paresseux qui recopient les communiqués de presse. Vital: des journalistes qui comprennent et savent vulgariser les enjeux complexes d’une situation. Le citoyen y gagne chaque fois.
Ah, et j’engage aussi un titreur dont la sobriété, le bon goût et l’intelligence sont parmi ses plus belles aptitudes. Faque les titres sensationnalistes, c’est fini, ça là.
Deuxièmement, j’implante une culture d’entreprise qui valorise le travail effectué selon les règles de l’art; j’inflige des sanctions à ceux qui font un usage même minime de racolage, de phrases toutes faites, de p’tites insinuations qui permettraient au lecteur de deviner de quel bord le journaliste penche.
J’embauche Jean Dion. (Je débauche Stéphane Laporte en lui promettant une pleine page quotidienne, pis je le congédie après une journée. Bye bye!)
Finalement, je m’assure que tout ce beau monde-là est heureux et qu’il puisse continuer, tous les jours, à vivre son idéal.
11 août 2006
Nouvelle formule consacrée?
Puisque nous en sommes rendus à plus de 70 millions de blogues sur le Web et qu'il s'en crée des milliers par jour, l'expression suivante pourrait bien voir le jour.
- Hey salut, comment ça va?
- Bof tu sais... Nothing to blog about.
Ou ce tout aussi truculent échange:
- Et pis, cette histoire de sécheuse neuve subitement brisée?
- Ouain, c'était juste le piton de démarrage qui était pété par en-dedans. Pas vraiment de réparation nécessaire...
- Bon! Nothing to blog about, finalement...
Ou encore la version branchée:
- Yo wassup Rodrigue?
- Ènn ti bi hay.
- Han?
- NTBA! Nothing to blog about!
Verra-t-on l'apparition d'une nouvelle formule éventuellement consacrée par l'usage?
À bien y penser, sûrement pas.
Pour la bonne raison que TOUT est prétexte à bloguer.
07 août 2006
10 choses que je ferai sans doute pendant le temps de vacances qu'il me reste
1. Passer chez Madame Edgar pour voir si je peux compléter ma collection de Neo-Kaijus
2. Du bécik en masse en masse en masse
3. Amorcer ma participation à Menoum! en tant que nouvelle collaboratrice
4. Un peu de pige, dates de tombée obligent - wow, de la pouésie!
5. Laisser des commentaires à Fannie, Steve, Daviel que je néglige, etc.
6. Me louer des tonnes de films - s'il peut bien pleuvoir
7. Grande bibliothèque... *soupir rêveur*
8. Me réapproprier ma bulle un peu, là...
9. Dire au revoir à un pilier de ma job qui quitte - trop triste
10. M'arranger pour qu'il y ait assez de musique dans mon coeur pour faire danser ma vie*
*tiré de Marius et Jeannette
10 choses que je ne ferai sans doute pas pendant le temps de vacances qu'il me reste
1. Lire le dernier Harry Potter qui a pris tellement de temps à sortir que j'ai même pu envie de le lire - au fond, je m'en sacre tellement!
2. Retaper l'aspect visuel de mon blogue et passer au mode avancé
3. Écrire de longs posts sur ce blogue, comme si le soleil n'était pas une denrée assez rare comme ça
4. Dormir jusqu'à midi; les yeux m'ouvrent à 9 h au plus tard et c'est ben tant mieux
5. Des gros repas élaborés
6. Voir tous les films de ma liste établie depuis des mois
7. Le ménage
8. Me saoûler la yeule
9. Lire le blogue de Stéphane Laporte sur Cyberpresse - man! Lui pis ses phrases de deux mots et quart, c'est tin-su-ppor-ta-be-le!!!
10. Penser au travail
25 juillet 2006
Liban
Avant que je m'extirpe d'un rush sans précédent au bureau pour filer dans le Charlevoix, je vous invite à lire la dernière entrée de Steve Proulx sur son blogue de Voir. Ceux et ceuzes qui désirent entendre un autre son de cloche sur le Liban auront de quoi réfléchir. Dans une lettre à Mario Girard, de La Presse, le cinéaste Ralph
Dfouni inscrit le conflit dans une perspective beaucoup plus large que celle d'un règlement de compte ou de guerre religieuse. L'auteur parle de ce que la race humaine devrait craindre avant tout: la peur. Peur de la réalité, celle qui crie que nous sommes tous dans le même bateau.
Qu'aujourd'hui c'est le Liban et demain, ce sera peut-être le Québec, mais envahi par d'autres fléaux que celui, bête, de la guerre.
07 juin 2006
« Une planète qui ne ressemble en rien à celle sur laquelle j’ai vécu »
C’est ce que Jacques Languirand
se désole de laisser en héritage à ses petits-enfants. Depuis les
dernières années, les appels des écologistes se multiplient au rythme
des dérèglements qui, eux aussi, se font de plus en plus concrets. Et
ça se répète d’année en année, souvent en empirant : qui s’attend
encore à de la neige à Noël? Qui trouve encore anormal de boire de la
sangria sur une terrasse au début d’octobre?
Qui est assez cave pour ne rien voir de ces bouleversements?
« Nous sommes en train de chuter à vive allure », estime David Suzuki.
J’en
ai marre d’Harper et de son dos tourné de Kyoto. Maudit cave qui vénère
les politiques de Bush. Et Béchard, monsieur
Barbe-qui-finit-pas-de-commencer-à-pousser, ne fait guère mieux en
semblant porter plus souvent son chapeau de ministre du Développement
économique que celui de l’Environnement. Suis-je la seule à trouver que
ces deux fonctions ne vont pas de pair au sein d’un ministère? Regardez
ce que ça donne…
Reeves (Hubert, pas Superman) croit que la race
humaine est dans le « pipeline » des espèces en voie d’extinction. Sans
doute. Beaucoup de mes contemporains croient qu’ils ne vivront jamais
assez vieux pour voir le résultat final de ce beau gâchis planétaire;
pourtant, au rythme où vont les choses, je suis persuadée du contraire.
La dégradation prend de l’ampleur, et en s’accélérant.
«
Nous sommes dans une voiture géante qui roule à 100 km/h vers un mur de
briques. Et tout le monde s'obstine pour savoir qui s'assoit où. Or ce
qu'il faut, c'est que quelqu'un appuie sur le frein et tourne le
volant. Le problème, c'est que ceux qui demandent de freiner, de
tourner le volant, sont enfermés dans le coffre... »
26 mai 2006
Plagiaires involontaires
À gauche, Michael Bierut, 2005.
Michael Bierut a conçu ce poster pour un symposium tenu à la Yale School Architecture. Selon les directives et préférences données par son client, Bierut a imaginé cette structure typographique déconstruite, épurée.
Un mystérieux sentiment de justesse (preordained rightness) l'habitait pendant la conception, et pour cause!... Il avait vu l'oeuvre de droite 30 ans auparavant; sa mémoire a fait le reste. C'est ainsi par pur hasard qu'il a découvert le rapprochement en feuilletant History of Graphic Design de Philips Megs. 
Évidemment, découvrir qu'une oeuvre qu'on croyait de notre cru n'est en fait qu'une reproduction du génie de quelqu'un d'autre, y a de quoi être ébranlé (je me souviens, jeune adolescente, avoir gossé une toune sur la guitare pendant 30 minutes avant de me rendre compte que j'essayais de jouer la Sonate à la lune, de Beethoven... oh boy).
Combien d'artistes, écrivains ou musiciens ont été ainsi victimes d'un subconscient hyperactif? On est convaincu - pourquoi en douter, d'ailleurs? - que cette oeuvre est la nôtre. Puis vient un quidam, drapé de sa fierté atteinte, hurler qu'on l'a bassement dépossédé de son génie en copiant ses concepts. Geez! Comment être crédible au moment de clamer notre innocence? Les faits sont là, manifestes, incontestables! On était pourtant certain...
Dans un article de Slate, Joshua Foer relate qu'Heller Keller (Un bon exemple de persévérance), après avoir été victime de ce genre d'aléa, devenait terrorisée au moment d'écrire ne fut-ce qu'une simple lettre. "Comment être certaine que ces lignes étaient bien les miennes? Ce que je lis devient la substance et texture intrinsèques de mon esprit."
Il y a de quoi être terrorisé, en effet, quand on sait quelles sommes et quelle couverture médiatique sont généralement impliquées dans les affaires de plagiat. Mais les plagiaires involontaires, ça existe. Le fardeau de la preuve réside donc dans la démonstration de la bonne foi.
Pas toujours facile...

