17 avril 2007
Les perles de nos journalistes
Depuis le temps que je suis dans le milieu de la com et des médias, j'ai eu plus souvent qu'à mon tour l'occasion de constater que ce ne sont pas tous les journalistes qui écrivent bien.
Ah? Vous le saviez déjà?
Fins finauds que vous êtes.
Mais ce que vous lisez dans votre journal préféré n'a rien à voir, mais non! Le texte original est souvent bien pire que ce qui est publié.
Car entre le moment où le journaliste remet son texte et celui où ledit texte est imprimé, plusieurs interventions sont nécessaires pour obtenir le ton voulu, préciser des idées, supprimer des passages excédentaires, modifier des constructions boiteuses et corriger les enchaînements. Surtout - surtout! - corriger l'orthographe, la grammaire, la syntaxe... Bref, faire en sorte que le journaliste n'ait pas l'air trop fou dans son écriture. Voilà la noble mission que le réviseur-correcteur remplit en faisant tout bonnement son boulot.
Oui, des journalistes qui ont un français approximatif, il y en a à la tonne. On pourrait ici lancer le débat sur la question "Être journaliste, est-ce à la portée de tous?", mais aujourd'hui, on s'amuse: je vous propose donc les perles que des collègues réviseurs et moi avons amassées au cours de nos lectures et rassemblées dans un florilège, selon nous, tout à fait délicieux. Ai-je écrit délicieux? Exquis serait encore mieux.
Qu'on se le dise: tout travailleur de la plume étant susceptible de commettre ce genre de bijou, vous pouvez bien y voir le nom de qui vous voulez.
Bonne lecture!
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C’est son premier enfant de 7 livres.
"Enfin un bébé de 7 lb! J'tais tannée de ceux de 6 lb et demie!"
On forme un duo de la mort comme les deux doigts de la main!
C'est tellement destroy, une main.
**Catégorie: Le journaliste fait du style
(dans la section Télévision)
Virginie (Chantal Fontaine) flottera sur son gros nuage rose du bonheur auprès de son beau Stéphane.
Bien que Mme Langlois semble prendre un malin plaisir à tordre les flèches adroitement lancé par Cupidon, certains couples flotteront quelque peu sur le nuage du bonheur, à commencer par Frank (Patrice Coquereau) qui file le parfait amour avec son Guillaume.
Lyne attend doucement le retour du fuyard pour lui mettre la main au collet et lui faire goûter chaque syllabe du mot vengeance.
Thomas, de son côté, trouve une épaule qui le console auprès d’une danseuse classique de passage à l’auberge.
Quand la pression monte, quand le tract nous envahit, lorsque la colère se manifeste...
Un bustier froncé et une jupe avec des détails de tulle qu’elle avait concordé a une botte.
**Catégorie: C'est l'évidence même
Q - Vous n'aviez pas l'accent américain?
R - C'est vraiment rendu aux États-Unis que j'ai dû perfectionner ce handicap.
Bélier: Vous vous affirmerez à travers vos opinions en donnant libre cours à vos points de vue.
Balance: Vous aurez la désagréable impression que rien ne s’accomplit si vous ne faites rien.
Les deux jeunes femmes se ressemblent à si m’éprendre (sic!) à un point tel, qu’il n’est pas rare qu’on les confonde.
C’est que les gaz à effet de serre qui sont produits par les avions circulant dans le ciel ne sont pas inclus dans le protocole de Kyoto.
**Catégorie: Le journaliste a une connaissance approximative des expressions
La dépouille d’Anna Nicole Smith était encore froide que le prince Von Anhalt se proclamait le géniteur de Dannielynn.
Tout est scruté au peigne fin
...à défaut d'être passé sous la loupe...
Malgré l’apanage de ces techniques modernes...
Il n'y a pas de sous métier.
Un véritable bout de train!
On s'attarde longuement à ce qui ne roule pas rond...
Il ne faut pas passer sous le silence les nombreux galas qu’il a déjà animés.
Rien n’est aussi simple pour nos héros qui se retrouvent tous avec une épée de Démocles qui lui (sic) pend au-dessus de la tête.
**Catégorie: Le journaliste tombe dans le piège des homophones et des paronymes
...il faut le voir allier déhanchements et attitude romantique à fleur de pot.
Je mange de tout, mais j’évite les fritures, les fast foods et les déserts.
Mais c'est si bon, du sable!
Mais aujourd’hui, cette femme fondamentalement active a repris les rennes de sa santé.
Peut-être que celui au nez rouge en fait partie?
C.R.A.Z.Y est un film humain et intelligent et j’aime les films qui sont dénudés de cascades et d’effets spéciaux.
Ce qui n'est pas dénué d'intérêt.
Suite à cette écartade, Esther s'est sentie coupable.
Une petite incartade grammaticale, ici.
**Catégorie: Faisons rire les réviseurs
J’ai mis mon auto dans le garage et l’hiver, je l’asticote.
Cependant, la palme de la cascade revient sûrement à Daniel Pinard, qui a accepté de se sacrifier le mamelon droit au profit des pinces d’un homard.
Ce traitement, à base de beurre de karaté...
iiiii-YA!
13 avril 2007
Jouons à la tag musicale
Ô malheur, ô Menoum ennemi! Voilà que j'ai été taggée par Flawless Knockoff, qui veut que je révèle mes 7 chansons de la semaine!...
Yish.
Sans dire que je vis dans un monde de silence et de recueillement (wô, tsé), il n'y a pas beaucoup de musique dans ma vie, surtout pas cette semaine, bicoz je suis plongée dans des tonnes de lectures. Et j'écoute à peine la radio. Résultat: l'actualité musicale et moi, ça fait une équation vraiment poche qui donne au moins 2. Car des sept tounes données par Flawless, je n'en connais pas une maudite. Pas plus que leurs interprètes, d'ailleurs, honte à moi. Ma journée avait pourtant commencé sur une note un peu comique. (Hahaha, il faut que je vous raconte: un gars qui sortait de l'ascenseur un étage avant le mien a renversé son café et la porte s'est refermée sur des mots à tête de mort, comme dans les BD, laissant l'assistance dans l'ascenseur mi-choquée, pas trop sûre, mi-hilare, dont moi. Mais je m'égare. Fallait être là.)
Donc, allons-y tout de même pour la forme - puisque c'est ce qu'on me demande - mais je vous avertis, hein, ce n'est pas avec moi que vous allez faire de belles découvertes... Enfin, qui sait...
1. Quand on est en amour, de Patrick Norman (j'ai corrigé récemment un article portant sur l'histoire de cette chanson indécrottable, so blame it on the job).
2. Le thème de Battlestar Galactica.
3. Celui des Chick'n'Swell (je vais voir leur show ce soir, ça exige une préparation mentale).
4. Song to the Siren, de This Mortal Coil.
5. Highway To Heaven, de Montreal Jubilation Gospel Choir (c'est cool, le gospel, ça met de bonne humeur).
6. Paint it Black, des Rolling Stones.
7. Ta gueule, stie d'folle, une composition personnelle sur laquelle je ne m'étendrai pas.
Bon! Next!
Je passe la tag à Dominic, à Mathieu et, tiens, à Daviel!
04 avril 2007
"Tu trouves pas que c'est assez sale de même?!"
Tel que lu sur Cyberpresse, tel que vu sur YouTube: un citoyen propre fait payer cher les cuisses d'un quidam malpropre pendant que nous, on se tape les nôtres.
Joie je jouis!, comme dirait l'autre!
MISE À JOUR: maudine, un autre canular!
30 mars 2007
Party dans le métro!
Howdee!
Pour les Montréalais parmi vous qui n'ont rien à faire ce soir, vendredi 30 mars, que diriez-vous d'aller faire du trouble gentil dans le métro?
+++
Greetings space cadets!
In less than 24 hours, we will embark on an enchanted journey beneath Montréal, a ride sprinkled with pixie dust and fantastic creatures. Wizards dance with nymphs, dragons with dwarves, and elves with princesses to the sound of magical speakers! Meet us at Henri-Bourassa station by the last metro car at 9:00pm: we will board shortly thereafter :)
You may join at any station along the way, but the fun will begin at Henri-Bourassa. Please bring a costume, a camera, decorations and a small gift to share with a new friend!
Enchanted Métro Party
Friday, March 30th 2007
Henri-Bourassa station at 9:00 PM, last car.
for more info, e-mail love [at] newmindspace [dot] com
Please follow these guidelines to ensure a safe and fun night:
Leave No Trace - Zero Disruption
+ No Smoking
+ No Open Alcohol
+ No Markers
+ Do not stand on the seats
+ Do not hold doors or leave the train car
+ Clean up all garbage
Please be respectful of STM employees! If the train stops, kindly sit down on your throne and await instructions.
Send this message to friends you love the most :) We can't wait!
Love,
Kevin * Lori
Newmindspace
09 mars 2007
Les sites Web qui ont changé le monde
Les listes. J'adore les listes. Si agréables, si arbitraires parfois, toujours intéressantes, ah ouish!
Pour souligner le 15e anniversaire de l'Internet, The Guardian a établi sa liste des sites Web qui, à l'instar du nez de Cléopâtre, ont changé la face du monde. Le blogue de Stéphane Laporte ne s'y trouve pas, donc je présume qu'il s'agit d'une liste crédible.
Ça date un peu, je sais, j'aurais dû publier ce billet l'été dernier, mais bon, c'est ainsi. Vous ai-je déjà parlé de mes problèmes de procrastination? Pff, on est tellement de personnes dans ce bateau que c'est étonnant que le concept n'ait pas coulé. Anyway. Je publie donc des brouillons avant que le bogue de l'heure avancée trois semaines d'avance n'efface tout.
Vous ai-je aussi parlé de mes problèmes d'exagération?
07 mars 2007
Et de deux!
Pour la deuxième fois en peu de temps, j'ai supprimé un billet de mon blogue. La première fois, ce fut à contrecoeur, mais celui que j'ai éliminé aujourd'hui n'aurait même pas dû voir le jour.
J'ai attribué, à tort, une joke poche (mais poche!) à un humoriste qui n'avait rien commis de la sorte. Parce qu'un humoriste de la relève a fait, ce weekend, une joke de mononcle qui ressemblait à une blague que j'avais déjà entendue 10 ans auparavant, j'ai cru qu'il s'agissait de la même personne. Or, il n'en était rien, malgré la confirmation d'identité que j'avais eue (ce n'est pas mon genre de faire du bashing gratuit). J'ai dénoncé un humour raciste, facile, niaiseux, avec des mots que je ne regrette pas, mais qui étaient relativement sans aucune pitié. On comprendra que j'ai reçu un abondant courrier me demandant de rectifier les faits, puisque je m'attaquais à la mauvaise personne.
Mais bon, j'ai rectifié les faits à qui de droit, et comme mon billet n'avait plus aucun sens, hop, dans la filière 13.
J'ai tellement hâte de garder un post plus de 24 heures sur ce blogue!
18 février 2007
Un autre type de recette
Josée di Stasio peut bien aller se rhabiller...
Voir le vidéo ici
Une mention spéciale à la perruque.
15 février 2007
...
Le billet précédent a fait boule de neige au-delà de ce que je pouvais imaginer, avec des conséquences pour certains. J'ai donc dû le retirer, à contrecoeur, mais j'avais de bonnes raisons. L'histoire semble malheureusement s'arrêter ici.
Je dis malheureusement, car n'eût été de considérations mercantiles (remarquez, je comprends), l'affaire serait probablement allée plus loin.
C'est ce que plusieurs d'entre nous auraient souhaité, je crois.
Je suis désolée.
29 janvier 2007
"Sprectrum"
À l'invitation d'une amie, je suis allée signer la pétition contre la démolition du Spectrum (ici).
J'aime bien lire ce que les gens ont à dire, j'aime quand des pétitionnaires se donnent la peine d'écrire un commentaire pour appuyer leurs idées et préciser ce qui les révolte dans ce genre de projet.
Mais... j'sais pas.
Je lisais le tout en me donnant comme mandat tout bête de passer au commentaire suivant lorsque je butais sur une faute d'orthographe (ça va plus vite!): dans la première page, je pense que je n'ai lu qu'un seul commentaire au complet.
"ne détruisé pas la culture", hein?...
20 janvier 2007
À propos des États-Uniens
L’Amérique est grande et comporte plusieurs pays, mais ce sont les habitants des États-Unis qui ont hérité du gentilé Américain. Même si les Canadiens sont aussi américains que leurs voisins du Sud ou les Mexicains. L’usage s’est répandu et le temps a fait le reste : un Américain est forcément un habitant des États-Unis, pourquoi en douter?
Question bien inoffensive mais qui, après les attaques du 11 septembre et les frasques de George W. Bush, en a chatouillé certains qui trouvaient qu’il y avait là matière à légère diffamation. « Je suis américain, mais pas un citoyen des États-Unis! » Donc, en ces périodes d’antiaméricanisme inspiré, il est de bon ton de se distinguer de la masse yankee, question d’éviter d’être involontairement solidarisés avec les gestes de nos voisins. Par son absence d’ambiguïté, le terme « états-uniens » s’est rapidement imposé dans les discussions de la gauche offensée. Le Monde diplomatique l’emploie régulièrement en ses pages et moults médias l’apprécient pour ses aspects pratiques de sémantique et de vocabulaire.
Linguistiquement parlant, le Petit Robert
relève la première occurrence du mot états-unien en 1955, où il prenait la
forme zéifiée (étazunien), surtout utilisé dans des contextes où une rigoureuse
précision s’avère essentielle. Et dans son Lexique des difficultés du français dans
les médias, Paul Roux atteste que « les dictionnaires acceptent les
adjectifs états-unien et américain, sans faire de nuances entre l'un et
l'autre » et qu’on peut ainsi les considérer comme des synonymes.
Idéologiquement parlant, on ne s’en sort toutefois pas si facilement. À ce qu’on sache, les États-Unis constitue également le nom officiel du Mexique (Estados Unidos Mexicanos). Devrait-on alors étendre l’usage d’états-unien à eux itou? Et à en croire le débat enflammé que les Wikipédiens ont tenu sur le terme à adopter dans leurs écrits encyclopédiques (sur papier, seize pages de débat écrit petit), l’emploi du gentilé est peut-être sans équivoque, mais chargé de rage antiaméricaine. Et chaque opinion en valant bien une autre, l’argumentation aboutit rapidement dans un cul-de-sac tant la question est subjective.
« S’agit-il d’un débat linguistique ou d’une protestation surgie d’une frustration plus large? », se demande Laurent Laplante dans un texte portant sur la confusion Amérique/Etats-Unis.
Tentons une réponse. En français, l’Amérique est un continent, pas un pays; un Américain, un habitant des États-Unis d’Amérique. Point. Rien de linguistique là-dedans, ainsi l’a déterminé l’usage...
Pendant ce temps, les habitants des États-Unis s'en fichent pas mal.
